Les sanctions économiques rendent les vols plus dangereux

C’est l’une des causes qui explique le nombre plus important de crashs d’avions à Cuba et en Iran. La complexité de l’aviation fait que les enquêteurs passent souvent des années à analyser les débris et récolter des données pour trouver la cause du crash. La plupart du temps, il s’agit d’un dysfonctionnement technique, des conditions météorologiques ou d’une erreur humaine. Mais un autre facteur peut entrer en compte : les sanctions économiques.

Le cas de Cuba…

Le crash d’une compagnie aérienne cubaine le 18 mai dernier, qui a entraîné la mort de 112 personnes, est un exemple.

L’embargo américain contre Cuba pénalise l’aviation civile tout autant que les autres secteurs de l’économie. La compagnie aérienne Cubana est autorisée à demander des licences d’export américaines mais s’en préoccupe rarement.

La compagnie, entreprise publique bien entendu, n’a pas les fonds nécessaires pour se procurer des avions occidentaux, et les financiers internationaux n’ont pas assez confiance pour leur accorder des emprunts.

Et lorsque la flotte d’avions russes de Cubana reste au sol pour maintenance – comme c’est souvent le cas – la compagnie sous-traite à des concurrents.

Et en manque de liquidités, elle le fait au prix le plus bas possible. L’avion en question était en service depuis 39 ans !

et de l’Iran

Après l’accord négocié par Barack Obama en 2015 et la levée d’un grand nombre de sanctions économiques, l’Iran a essayé de moderniser son industrie aérienne. Avant l’accord, les fabricants occidentaux avaient l’interdiction de vendre des avions à l’Iran, ce qui laissait le pays avec l’une des plus vieilles flottes d’avions au monde. L’embargo était encore plus sévère qu’envers Cuba, en raison des suspicions d’une utilisation – ou transformation – militaire des avions par l’Iran.

Iran Air, la compagnie nationale, avait commandé 200 avions au moment de la levée des sanctions, mais seuls 11 ont pu être livrés avant que le nouveau président Donald Trump ne rétablisse les sanctions économiques.

Depuis, le Secrétaire d’État (équivalent au Ministre des Affaires étrangères) a menacé l’Iran des « plus grandes sanctions de l’histoire ».

Les avions iraniens ne s’arrêteront pas de voler pour autant. Au lieu de cela et comme c’était le cas avant l’accord initié par Obama, les compagnies se tourneront vers le marché noir pour se procurer des avions de deuxième main et les pièces qui vont avec. La conséquence est sans appel : la sécurité des passagers sera à nouveau compromise. Les avions iraniens continueront à s’écraser davantage en Iran que partout ailleurs dans le monde.

Le prix à payer ?

Certains experts mettent en avant ces crashs comme une preuve de l’efficacité des sanctions américaines (sic). Pourtant, le coût humain de ces tragédies devrait nous alarmer.

Parmi les passagers qui ont péri dans les crashs iraniens, peu ont un quelconque rapport avec le régime autoritaire en place dans le pays.

Donald Trump devrait se souvenir que même avant la levée des sanctions par Obama, les États-Unis accordaient des licences occasionnelles pour réparer une partie de la flotte iranienne. Concernant la réputation des États-Unis, contribuer à réduire les crashs d’avions transportant des civils ne peut pas leur faire de mal.

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