Les hôteliers adorent se plaindre d’Airbnb…

Il y a quelques hôteliers qui se plaignent de la concurrence que leur fait Airbnb. Pourtant les statistiques, notamment en France, ne montrent aucun vrai changement dans les coefficients de remplissage des hôtels.

L’hôtellerie n’évolue que lentement, trop lentement …

Les hôteliers français avaient la chance d’avoir gracieusement des études, des conseils, des avis au travers du « Comité pour la Modernisation de l’Hôtellerie et du Tourisme Français », une association sans but lucratif.

Son président, Mark Watkins vient de jeter l’éponge. Comme il l’indique sur un réseau social : « Force est de constater que cela n’a pas vraiment fonctionné. La profession (hôtelière) est toujours aussi fractionnée et n’évolue que lentement, trop lentement vers le progrès ».

Il faut trouver un coupable

Vous nous direz c’est dans la nature de l’humain de trouver un coupable plutôt que de faire son autocritique. Hier, c’était les grandes chaînes hôtelières qui faisaient de l’ombre à l’hôtellerie dite indépendante.

Hier encore, c’était un scandale quand les commissions des agences de voyages dont le taux dépassait rarement 10%. Aujourd’hui, ce sont les agences en ligne, Airbnb, les chambres chez l’habitant, les taxes…. Bref tout est prétexte pour cacher la vérité.

L’hôtelier traditionnel perd du temps

La version numérique de la Tribune (https://www.latribune.fr/ ) a publié un échange avec Franck Sosthé, le directeur de l’Institut Ulysse de l’Université Nice Sophia Antipolis. Il s’agit d’une structure dédiée à la formation et à la recherche dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration.

Il précise que « c’est sur le terrain du numérique et des réseaux sociaux que les hôteliers traditionnels pourront combattre le tourisme collaboratif et regagner des parts de marché. Mais la prise de conscience tarde… 

Un baromètre des hôteliers azuréens sur les réseaux sociaux a été lancé

La Chambre de Commerce « Nice Côte d’Azur » vient de lancer un baromètre des hôteliers azuréens sur les réseaux sociaux. On apprend que seule la moitié des 623 hôtels catégorisés dans les Alpes-Maritimes sont présents sur Facebook et 10 % sur Twitter.

Franck Sosthé réagit : « ils ont une vision très traditionnelle du métier et ne mesurent pas véritablement les enjeux du digital, notamment en termes de développement stratégique….le secteur de l’hôtellerie est celui qui accuse le plus de retard en la matière, à la fois sur l’usage des outils mais également sur l’évaluation des conséquences du non-usage de ces outils ».

Mark Watkins, un professionnel engagé

Mark Watkins reste toujours le patron de Coach Omnium. Il faut rappeler que la société propose depuis plus de 25 ans des études, de l’accompagnement et du conseil dans le secteur hôtelier (hôtels indépendants, chaines, franchisés, banques…).

S’il a mis fin à son association, on peut être certain qu’il continuera à émettre ses commentaires durs mais souvent justes sur la profession. Il a notamment écrit, il y a quelques temps les préjugés que les hôteliers ont sur Airbnb. Nous vous livrons ci-après quelques extraits.

Des hôteliers sous influences

« On cherche à leur faire croire qu’Airbnb leur prendrait massivement des clients et que leurs problèmes économiques seraient dus, en tout ou partie, à la plateforme collaborative. La campagne anti-Uber menée par les taxis a fait des émules du côté des hôteliers …. Les taux d’occupation de l’hôtellerie sont quasiment inchangés depuis ces 15 dernières années (en dehors récemment de 2016, à cause des attentats), malgré la création significative sur ce même laps de temps de nouveaux hôtels en milieux urbains (+ 7 %) et la très forte expansion d’Airbnb et ses concurrents »

Une fausse concurrence …

« La majorité des clients déclarent qu’ils ne se seraient pas rendus dans une destination sans la présence d’offres Airbnb. Et, n’auraient de toute façon pas, en définitive, choisi un hôtel ou une autre forme d’hébergement touristique. C’est notamment le cas des millennials qui représentent plus de 60 % de la demande chez Airbnb. Toutes les études confirment cette réalité : qu’on accepte d’y croire ou pas, les hôtels, c’est une autre clientèle que celle d’Airbnb, qui ne les affecte quasiment pas. Surtout sur le marché des voyages d’affaires et des courts séjours, pour lesquels l’hôtellerie a un quasi-monopole ».

Les clients d’Airbnb sont la cause de nuisances

« La Mairie de Paris dénombrerait environ 20 à 30.000 logements via Airbnb dans sa ville. Il est évident que les immeubles où vont et viennent des touristes avec leurs bruyantes valises à roulettes, où des jeunes en Airbnb font parfois la fête tous les soirs et où l’on ne respecte pas la quiétude de la copropriété, sont fatalement une pollution et une gêne bien réelle pour les voisins…. plusieurs études le confirment dont celles de l’Insee et de l’Observatoire de l’habitat, que ce phénomène de la désertification des grandes villes pas ses habitants n’est évidemment pas récent. Il a de nombreuses sources déjà anciennes, autres que le tourisme (spéculation immobilière, baisse de la natalité, paupérisation, pollution, augmentation des attentes en termes de qualité de vie…). Cette situation existait bien avant l’avènement d’Airbnb, qui a aujourd’hui bon dos ».

Vous pourrez retrouver le texte complet sur : www.coachomnium.com/bonus/les-prejuges-sur-airbnb.html – Nous continuerons à produire quelques études très intéressantes de Mark Watkins et de son équipe. Elles sont utiles non seulement pour les hôteliers mais également pour nos amis agents de voyages et tour-opérateurs.

 

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