Photo prise sur la page Facebook Naked at Monuments

On apprenait, le 9 février, que sept Occidentaux, dont deux Canadiennes, ont été libérés sous caution au Cambodge après y avoir été accusés de «danses pornographiques».

Les Canadiennes Jessica Drolet (25 ans) et Eden Kazoleas (20 ans) et leurs coaccusés avaient été arrêtés à Siem Reap, près des fameux temples d’Angkor, à la suite d’une fête pendant laquelle ils avaient apparemment simulé des actes sexuels – « des actes contraires à notre culture », a commenté un représentant de la police locale. Les Canadiennes s’en tirent à bon compte, puisque trois autres étrangers seraient toujours détenus. Or, les condamnations pour pornographie au Cambodge peuvent valoir une peine d’un an d’emprisonnement.

©UNESCO World Heritage Centre

Cet incident n’était que le dernier d’une longue série de frasques impliquant des touristes occidentaux à l’étranger. Pas plus tard que le 10 janvier, des médias rapportaient le cas d’un touriste américain de 27 ans « bourré de viagra » qui s’est dénudé à l’aéroport international de Phuket, puis a couru dans allées en hurlant et en vandalisant des magasins, entre autres méfaits (on vous épargne les détails scabreux). Dans ce cas précis, il s’agissait peut-être d’un accès de folie. Après avoir été interpellé, l’Américain a d’ailleurs été emmené à l’hôpital pour une évaluation psychologique…

Mais deux autres Américains arrêtés à l’aéroport de Bangkok en novembre dernier n’avaient pas cette excuse. Les deux trentenaires ont cru amusant de publier sur leurs comptes Instagram des photos de leurs fesses nues devant un temple bouddhiste, le célèbre Wat Arun. Après avoir écopé d’une amende de 5000 bahts (environ 200 $ CAN) pour comportement inapproprié en public, ils demeuraient exposés des accusations de pornographie.

©G Adventures

En 2015, un groupe de touristes (dont faisait partie un Canadien) a été mis à l’amende, condamné à trois jours de prison, puis expulsé de Malaisie, après s’être pris en photo tout nus au sommet de la montagne Kinabalu (et partagé les clichés sur les réseaux sociaux).

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette montagne populaire pour le trekking est considérée comme sacrée par la tribu Kadazan Dusun qui y vit. Celle-ci a d’ailleurs vu un lien entre la profanation des touristes et le séisme qui a secoué la région peu après.

PAS JUSTE EN ASIE

Les touristes étrangers ne se comportent pas de façon douteuse qu’en Asie. Le  Pérou tente depuis plusieurs années de juguler la vague de touristes qui se photographient et/ou se filment nus au Machu Picchu – on a même dû y installer des panneaux interdisant la nudité! Encore là, des Canadiens comptent parmi les auteurs de ce que les autorités péruviennes qualifient de « délit de lèse-culture ». Le Péruvien a de l’humour !

L’actrice porno Carmen de Luz devant les pyramides de Gizeh

En Égypte, c’est une actrice X d’origine cubaine, Carmen de Luz, qui a récemment choqué en publiant sur Internet une photo de ses fesses alors qu’elle était montée sur un chameau sur le site de Gizeh. (Photo ci-contre)

L’Europe n’est évidemment pas exemptée. On ne compte plus les baignades à poil dans la fontaine de Trevi à Rome. Barcelone déplore régulièrement la présence de jeunes gens ivres et parfois nus dans les rues du quartier de la Barceloneta.

La tour Eiffel et Stonehenge côtoient aussi la Grande muraille de Chine et Angkor Vat sur la liste des sites où, selon les amateurs de la tendance, il convient de s’immortaliser en tenue d’Adam ou Eve.

Comme cette tendance tire profit des blogues et des réseaux sociaux, elle compte même, désormais, son lot de stars. Parmi eux, le jeune Israélien, Amichay Rab, célèbre pour son blogue My Naked Trip, ou ces deux Australiens qui exposaient leurs exploits sur la page Facebook Naked at Monuments. Même de vrais artistes s’y mettent parfois, comme le plasticien Luizo Vega, à Paris!

 

Photo d’Amichay Rab, publiée sur le site My Naked Trip

CELA DEVRAIT ALLER DE SOI, MAIS…

On préférerait ne pas avoir à le rappeler, mais l’une des règles de base du voyageur responsable devrait être le respect de la sensibilité culturelle et des traditions locales à l’étranger. C’est d’ailleurs dans cette optique que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a lancé la campagne Travel. Enjoy. Respect l’an dernier.

Le gouvernement du Canada souligne lui aussi systématiquement l’importance de «respecter les coutumes et les lois locales». En cas de doute, on devrait donc consulter l’onglet Lois et coutume des conseils aux voyageurs d’Affaires mondiales Canada.

Info : https://voyage.gc.ca/voyager/avertissements

 

 

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