La ministre des transports, Elisabeth Borne, a mandaté Jean-Cyril Spinetta (ex-boss d’Air France KLM) pour phosphorer sur la refonte totale du ferroviaire en France d’ici la libéralisation du rail à l’horizon 2020. Selon elle, trop de gares TGV (230 en France) nuisent au modèle économique du TGV.

Selon sa lettre de mission publiée lundi 16 octobre, Jean-Cyril Spinetta doit s’atteler à un « chantier stratégique » de « refondation » du modèle ferroviaire français.

Modèle, enfin, c’est beaucoup dire vu le poids des faiblesses structurelles récurrentes qui plombent son activité depuis des années. Et avec l’ouverture à la concurrence en 2020, Il serait plus que temps de se réveiller. Gouverner, c’est prévoir… Non ?

Car les chiffres parlent d’eux-mêmes. Deux TGV sur trois sont déficitaires, le trafic du fret s’est effondré d’un tiers en 15 ans et, cerise sur le gâteau, la dette se gonfle de 3 milliards d’euros par an pour atteindre désormais les 45 milliards…

« On ne dessert pas Brive en A380 » (E. Borne, Ministre des transports)

Jean-Cyril Spinetta rendra sa copie en janvier prochain. Dans celle-ci, il devra notamment identifier « les segments sur lesquels les efforts doivent être renforcés afin de mieux répondre aux attentes » ainsi que « le modèle de desserte à privilégier » pour les TGV.

©Gouvernement

À ce titre, la ministre des transports a souligné que le fait d’utiliser des TGV pour desservir de nombreuses gares en dehors des métropoles pesait sur la rentabilité. « On a un sujet dont il faut être conscient, c’est que les dessertes fines du TGV ont un effet non négligeable sur le modèle économique du TGV Si on prend un parallèle avec l’aérien, on ne dessert pas Brive en (Airbus) A380 », a-t-elle ajouté.

On comprend mieux le choix de de l’ex Pdg d’Air France/KLM…

Les TGV desserviront-ils bientôt moins de gares ?

Le TGV dessert actuellement 230 gares en France, des arrêts intermédiaires et des gares en bout de ligne. C’est trop. La Cour des comptes l’avait déjà évoqué en 2014, soulignant que le réseau de lignes ferroviaires à grande vitesse en France était trop vaste et « peu cohérent », avec une rentabilité en baisse et un coût « devenu non soutenable ».

Pire, selon les « sages » de la rue Cambon, les rames de TGV passeraient « 40% de leur temps en moyenne sur les lignes classiques … Ces dessertes, caractérisées par des taux d’occupation faibles, sont peu rentables, elles permettent certes le confort d’un trajet sans rupture de charge, mais monopolisent des rames, coûteuses et voraces en énergie, au profit d’une population réduite d’usagers » écrivaient-ils à l’époque.

Question : sur les 230 gares TGV, combien en restera-t-il d’opérationnelles en 2020 ?

Question subsidiaire : quelle sera la réaction des élus locaux (qui ont dépensé des millions d’euros d’argent public pour financer « leur gare »), et surtout, celle des cheminots… Il y a déjà beaucoup d’inconnues dans l’équation que doit résoudre Jean Cyril Spinetta en moins de trois mois…

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