Le Sénégal, une destination à (re) découvrir (2ème partie)

Saint-Louis, la belle du Nord...

Après la (re) découverte de Dakar, cap au Nord vers la ville de Saint-Louis… C’est la plus ancienne ville édifiée par les Français en Afrique de l’Ouest et ce passé colonial est encore bien présent dans ses rues. Mais il n’y a pas qu’un seul Saint-Louis, il y en a bien d’autres à découvrir…

Après un passage à la pointe des Almadies, le cap le plus occidental de l’Afrique, départ pour Saint Louis, à la frontière mauritanienne… Il faut compter environ 4 heures de route…

Sur les 30 premiers kilomètres, on utilise l’autoroute à péage flambant neuf à la sortie de Dakar. Nous contournons la ville de Thiès, à une quarantaine de kilomètres de Dakar… Encore 260 km à faire…

Photo ©Hervé Ducruet
Photo ©Hervé Ducruet

Plus nous montons vers le Nord, plus la végétation se fait plus rare… à part ça et là d’imposants baobabs parfois plus que centenaires…

Nous traversons des villages toujours animés, même lorsque la nuit est tombée.Et dans lesquels nous nous sentons en parfaite sécurité… (voir encadré)

Le long de la routes, des marchandes de fruits, légumes, arachides, attendent résignées derrière leur étal de fortune qu’une voiture s’arrête… Quand c’est le cas, c’est un attroupement instantané auquel il est difficile de s’en sortir… Enfin, nous arrivons à Saint-Louis du Sénégal…

Le pont Faidherbe illumine le fleuve Sénégal…. On ne peut le manquer. Nous prenons possession de nos chambres à l’hôtel « La résidence », sur l’île qui abrite le centre historique de la ville… Un emplacement idéal pour partir à la découverte des deux villes… En fait, il y en a trois, mais les plus remarquables sont sur l’île et la langue de Barbarie, coincée entre fleuve et océan…

Photo ©Hervé Ducruet
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Baptisée en hommage au Roi Saint-louis (Louis IX), la ville a été fondée en 1659 sous le règne de Louis XIV. Mais les Français étaient déjà présents à Saint-Louis depuis une vingtaine d’années. 

Idéalement située à l’embouchure du fleuve Sénégal, l’île fut longtemps l’objet de batailles entre Français et Anglais qui bataillèrent pour en prendre le contrôle.

La ville insulaire passa d’ailleurs plusieurs fois aux mains des Britanniques… pour rester définitivement française… jusqu’à l’indépendance du Sénégal en 1960. 

Photo ©Hervé Ducruet
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A son apogée (1895 – 1902), Saint-Louis du Sénégal était non seulement la capitale du Sénégal mais aussi capitale de l’AOF; l’Afrique Occidentale Française, une région aussi vaste que l’union européenne actuelle, et qui regroupait aussi la Mauritanie, le Soudan français (Mali), la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (Burkina Faso) et le Dahomey (Bénin).

Tristement célèbre comme étape des navires européens de la traite négrière, elle fut aussi à l’origine de l’aéropostale des Mermoz et Saint-Exupéry. Inutile de dire que l’île fourmille de témoignages architecturaux de son prestigieux passé. La ville a d’ailleurs été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis l’an 2000. Le meilleur moyen pour découvrir la vieille ville coloniale, c’est encore en calèche.

Photo ©Hervé Ducruet
Photo ©Hervé Ducruet

Notre Guide, Madame Marie Caroline Camara, figure locale et gérante de la maison d’hôte Au Fil du Fleuve, nous emmène à la découverte du Saint-Louis Colonial… 

Et il n’y a que l’ embarras du choix…

Où que porte le regard de chaque côté de la rue, trônent encore de superbes bâtisses à moitié en ruine, des balcons en bois avec  balustrades  en fer forgé, des façades aux tons chauds, plus ou moins ravalées.

Cela donne à la ville une atmosphère au charme suranné où les ombres du passé rodent encore dans ces bâtiments… Comme à l’Hôtel de la Poste où l’aviateur Jean Mermoz aimait séjourner dans sa chambre fétiche (la 219) ou encore Le Siki hôtel, l’ancienne maison restaurée du boxeur Battling Siki, le premier Africain à devenir champion du monde…

Photo ©Hervé Ducruet
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Voici un beau bâtiment un peu plus pimpant et mieux préservé, c’est l’Inspection Régionale des Impôts…. autrefois la maison des sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny. En place depuis 1816, elles avaient développé une école de fille et un dispensaire devenus hôpital aujourd’hui… On peut toujours voir à travers la grille l’escalier monumental avec deux volées circulaires aux balustrades de ciment peintes.

Mais la vieille ville va mal, certains bâtiments menacent de s’écrouler. Toutefois, jumelée avec la ville de Lille depuis 1986 et aidée par le Fonds européen, sa restauration reprend peu à peu. Mais il y a encore du travail…

Photo ©Hervé Ducruet
Photo ©Hervé Ducruet

Guet Ndar, plongée dans un autre monde…

Continuant cette agréable balade, nous empruntons le pont Malick Gaye pour nous rendre dans le quartier des pêcheurs. Et c’est la plongée dans un autre monde…

Le quartier de Guet Ndar est situé sur la langue de Barbarie. Cette étroite étendue de sable située entre l’Océan Atlantique et le fleuve Sénégal est une fourmilière humaine.

Plus de 25.000 personnes vivent toutes de la pêche, seule activité locale, et y cohabitent tant bien que mal sur 0,3km². Humains, volaille, chiens, chèvres attachées, pélican (si, si)… cohabitent au milieu des détritus, se partageant ce minuscule espace dans une vraie pagaille toute africaine.

Photo ©Hervé Ducruet
Photo ©Hervé Ducruet

Mais c’est aussi a perte de vue, une plage jonchée de longues pirogues multicolores ! Ici ce sont plus de 4.000 équipages qui partent pour un, parfois pour plusieurs jours, pêcher ce poisson qui les fera vivre (soles, sardines, raies…).

Au retour de leurs maris, les femmes prendront la relève en nettoyant, vidant, ou séchant ce poisson pour pouvoir le conserver. Odorats sensibles s’abstenir…

Conseil Pagtour : s’abstenir aussi de prendre des photos des gens et surtout des femmes… sous peine de se voir lancer des poissons séchés… et autres choses malodorantes…

Le retour sur l’île de Saint-Louis à la découverte de l’art et de l’artisanat sénégalais est un retour dans un oasis de douceurs. Et la visite galerie de la jeune styliste Rama DIAW des plus rafraîchissantes. Mais c’est aussi ça Saint-Louis… Et la ville bénéficie aussi d’un environnement naturel exceptionnel.

sen-natureA moins d’une heure du centre ville, se trouvent deux parcs naturels classés au patrimoine mondial par l’UNESCO : le Parc aux oiseaux du Djoudj (3ème réserve ornithologique au monde) et le Parc de la Langue de Barbarie au bord de l’océan.

Mais le meilleur moyen de découvrir la richesse de la faune, flore et culture de la région, c’est une croisière sur le fleuve Sénégal, frontière naturelle entre le Sénégal et la Mauritanie, à bord du Bou el Modgad (Bon à savoir).

A relire : Le Sénégal, une destination à (re) découvrir (1ère partie)

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Photo ©Hervé Ducruet
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Entretien avec Philippe Colyn, Ambassadeur de Belgique au Sénégal

Rencontré par hasard sur le Bou el Mogdad, le récent ambassadeur de Belgique au Sénégal a bien voulu nous accorder quelques instants pour nous livrer sa vision du Sénégal.

Pour Philippe Colyn, le Sénégal, « c’est l’Afrique tranquille, souriante, on y mange bien et le pays est facile d’accès. Nous avons des vols directs avec Brussels Airlines ». Nommé en septembre 2015, il a pu se faire une idée précise des réalités du pays et tient à rassurer les touristes belges. « Il n’y a pas de conflits ethniques comme il en existe dans d’autres pays africains. Le pouvoir est légitime et le pays est stable. On n’a pas peur de sortir ou de circuler en voiture, le tourisme est facile », précise-t-il.

Selon l’ambassadeur de Belgique au Sénégal, le meilleur moment pour visiter le Sénégal, c’est en hiver. Outre la culture sénégalaise, le pays offre aussi une flore et une faune uniques. « Le Sénégal n’est pas le pays des grands animaux, il y en a peu. Mais c’est le paradis des oiseaux »

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Bon à savoir

Y aller
Paris Dakar avec Corsair International. 

Voyagiste
TUI propose 2 circuits Nouvelles-Frontières, « Du delta du Saloum à Saint-Louis » (à partir de 1.495 €) et la « Croisière sur le Bou el Mogdad » (à partir de 1.629 €).

Hébergement coup de cœur

suite1Au Fil du Fleuve est une maison d’hôtes du Sénégal. Le bâtiment date du XIXème siècle, il est de pur style saint-louisien avec son patio, ses arches et balcons et située dans le centre historique de la ville de Saint-Louis. Marie Caroline Camara, sa gérante, est une figure emblématique de la ville de saint Louis. (à partir de 85€ la nuit)

Séjour nature

img_4463-1Le campement Océan et Savanes est idéal pour profiter pleinement de la faune et la flore de la langue de barbarie… On a le choix entre bungalow sur pilotis (65 € la nuit) ou, plus rustique, en tentes sur pilotis (44 € la nuit)

Remonter le temps à bord du « Bou el Mogdad »

img_4340C’est un véritable voyage à remonter le temps, dans le sillage des anciens comptoirs coloniaux que propose le Bou el Mogdad. Comme à Podor, spécialisé dans la gomme arabique, l’ivoire ou encore le bois de chauffe (à partir de 1.687 € TTC/pers.)

 

 

 

 

 

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