Le retour de la marine à voile

© STX France

Si l’on excepte les répliques d’anciens navires de Star Clippers, les paquebots à voiles se comptent jusqu’ici sur les doigts d’une seule main. Mais verra-t-on bientôt des super navires de croisière propulsés par la seule force du vent, ou presque ? Les ingénieurs des chantiers navals STX France, à Saint-Nazaire, y travaillent sérieusement. D’autant que tous les voiliers de croisière actuellement en service ont été construits en France.

Ainsi, les quatre-mâts Windstar et Windspirit (110 mètres, 148 passagers), et le cinq-mâts Windsurf (188 mètres, 312 passagers) de la compagnie Windstar Cruises, sortis des chantiers du Havre entre 1988 et 1990, et l’ex-Club Med 1, dont le sistership navigue toujours sous le nom de Club Med 2. S’y ajoute le trois-mâts Ponant (88 mètres, 64 passagers), livré en 1991 par les chantiers SFCN de Villeneuve-la-Garenne.

Un projet qui fait le buzz…

© STX France

Lors du Seatrade de Miami, la semaine dernière, les chantiers navals STX France ont présenté leur projet Silenseas, une famille de voiliers de croisière dont une maquette et une vidéo sur leur stand a suffi à créer le « buzz ».

Il repose sur une innovation intéressante, baptisée « Solidsail » et brevetée par STX France. Elle consiste en un nouveau type de voiles permettant de proposer de grandes surfaces de voilure (jusqu’à 1200 m²) en toute sécurité et des performances élevées, soit une vitesse de 12 nœuds pour 15 nœuds de vent.

En couplant l’usage des voiles aux dernières technologies de propulsion et production d’énergie (LNG, batteries, automatisation), il permet de réduire de 60% la consommation d’énergie de propulsion sur des parcours Caraïbes, affirme STX France.

Un marché qui reste étroit

La plus grande version dévoilée mesure 190 mètres de long et compte 150 cabines. Ce trois-mâts, qui affiche un tirant d’air pouvant aller jusqu’à 103 mètres, compte trois systèmes de voiles de 1450 m² chacun, pour une vitesse pouvant atteindre 17 nœuds sans recours aux moteurs.

Mais si le marché des navires de luxe et d’expédition est en plein boom, le segment des voiliers reste extrêmement étroit. L’une des raisons est que les grands mâts réduisent les possibilités d’accès à de nombreux ports et zones où l’on trouve des ponts et autres obstacles, comme des lignes électriques.

Ici, les mâts peuvent basculer à partir d’une certaine hauteur afin de réduire sensiblement le tirant d’air et passer par exemple sous le pont de Verrazzano, à New-York, ou sous celui du canal de Panama.

En test, dès l’été prochain

Avec Silenseas, STX France se positionne donc sur marché réduit, mais ne vise pas uniquement les très grands paquebots. Les chantiers de Saint-Nazaire vont ainsi équiper un navire de croisière de la compagnie Ponant, avec un prototype de Solid Sail, leur voile innovante développée pour le concept Silenseas de paquebots à propulsion vélique.

Le système est constitué de différents panneaux en fibre de verre et résine polyester, encadrés par des lattes de carbone. Le prototype complet va maintenant être réalisé pour remplacer la voilure actuelle du mât avant du navire de Ponant. Prévue pour être installée l’été prochain, elle doit ainsi être testée en conditions réelles d’exploitation durant un an.

Le concept Solid Sail pourrait aussi trouver des opportunités au-delà du secteur de la croisière : cette technologie devrait pouvoir s’adapter sur d’autres types de navires, comme des chalutiers ou encore des cargos, pour le plus grand bénéfice de » l’environnement.

[Source : Mer & Marine]

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