Le contrôle aérien et l’image de la France

C’est une bien triste image que donne notre pays dans le domaine du transport aérien. Je passe sur les difficultés de notre compagnie nationale qui ne pénalise qu’elle-même car il existe maintenant beaucoup de solutions de substitution.

Les conflits sociaux font le bonheur des concurrents et les grévistes ne pourront tout de même pas demander aux Pouvoirs Publics de venir à leur secours lorsque les clients choisiront d’autres transporteurs pour partir en vacances cet été.

Mais, je voudrais revenir sur la situation du contrôle aérien et en particulier sur le centre d’Aix-en-Provence.
Depuis quelques semaines, ce centre se met régulièrement en grève, surtout en fin de semaine, histoire de pénaliser un peu plus les malheureux clients.

Il faut dire que les dégâts sont considérables, même avec un petit nombre de grévistes car il traite un espace aérien très fréquenté non seulement par le trafic domestique et européen nord-sud mais également toute l’activité de et vers la péninsule ibérique.

C’est ainsi que les compagnies espagnoles Vueling et Volotea, par exemple ont été amenées à annuler des centaines de vols et à détourner une grosse partie de leur exploitation vers le milieu de la Méditerranée en rallongeant considérablement le temps de vol.

Il faut des motifs sérieux pour faire grève et par conséquent on peut penser que les contrôleurs d’Aix-en-Provence ont de bonnes raisons pour cesser le travail.

Dans un communiqué, la CGT indique ses revendications. Je cite « Elles portent sur des demandes de recrutements de fonctionnaires pour l’ensemble des services, incluant notamment le centre de contrôle en route d’Aix-en-Provence, car la situation a dépassé le stade critique. Les efforts en terme de rythme et charge de travail, de gestion d’un trafic constamment en hausse et de prise en compte d’évolutions technologiques majeures visent à faire peser sur toujours moins de personnels la sécurité de tous les passagers et la population survolée… Les contrôleurs contestent cette marche forcée dont les conséquences sur le niveau de sécurité n’ont jamais été identifiées ».

A qui fera-ton croire que les contrôleurs de ce centre soient si mal traités que les conditions de sécurité ne seraient plus respectées ? Un audit avait été mené, il y a quelques années de cela par un inspecteur de la DGAC.

Les résultats étaient si désastreux en matière en particulier de temps de travail et d’absentéisme qu’il n’a jamais été publié.

Certes le trafic a augmenté dans de fortes proportions, mais les matériels ont aussi singulièrement évolué.

Les revendications seraient plus crédibles si le communiqué de la CGT indiquait le temps réellement travaillé par semaine. Pour autant que l’on sache, il se situe aux alentours de 15 heures, mais ce chiffre est facile à démentir, il suffit de publier les statistiques.

Je note cependant que les contrôleurs ne se plaignent pas de leur rémunération. Il faut dire qu’ils ont été qualifiés d’ingénieurs et qu’aux derniers chiffres connus, ils gagnent plus de 7.600 € bruts par mois. Quant aux baisses d’effectifs, elles sont de l’ordre de 1 % par an, mais il faut dire qu’ils étaient devenus un peu pléthoriques.

Reste que les contrôleurs aériens opèrent un service vital non seulement pour l’économie des compagnies aériennes mais pour la qualité de vie du public et plus particulièrement celle des consommateurs. Ce service doit être rendu.

Certes, depuis je crois 1983, les contrôleurs ont le droit de grève, ce qu’ils n’avaient pas auparavant, mais un tout petit nombre de grévistes peut paralyser le trafic car ces derniers ne se déclarent que très tard ce qui empêche d’organiser les équipes pour pallier leur absence. Voilà qui est tout à fait anormal.

Le territoire français est géographiquement placé au beau milieu d’un espace très utilisé par le transport aérien. Chaque fois que des perturbations affectent le contrôle aérien, c’est toute l’image de notre pays qui est impactée.

Il est anormal que l’Etat ne se fasse pas obéir et qu’il accepte une dégradation du service préjudiciable à tous. La réquisition a été utilisée en Espagne pour stopper net une grève dure et ce par un gouvernement socialiste. Faut-il en arriver à de telles extrémités en France ?

Jean-Louis Baroux

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