Le 16h13 pour Paris…

Ce vendredi 6 juillet, j’ai fait l’aller-retour Paris-Bruxelles dans la journée pour une réunion avec l’équipe de PagTour. Si l’aller s’est passé sans encombre… le retour avec le Thalys 9458 de 16h13 au départ de Bruxelles-Midi fut une odyssée… homérique !

Parti tôt le matin pour rejoindre la capitale belge, j’avais pris mes précautions pour passer entre les gouttes de la grève perlée à la SNCF qui recommençait. Après avoir passé les contrôles et les portails de sécurité à la Gare du Nord, j’ai pu accéder sans problème à mon Thalys… qui est parti et arrivé à l’heure à Bruxelles Midi.

Rien ne correspond et les agents n’en savent pas plus

Notre réunion fut constructive et très conviviale autour d’un déjeuner partagé en commun (mais vous n’en saurez pas plus, c’est privé)… Puis vint l’heure du retour sur Paris… Et c’est là où tout se complique… Déjà, une première remarque : pourquoi a-t-on droit à un contrôle des bagages à la Gare du Nord… et rien à Bruxelles-midi… Je fais régulièrement l’aller-retour entre les deux capitales… et jamais on ne m’a contrôlé au retour de Bruxelles (Ni au départ de la gare TGV de Marne la Vallée Chessy Disneyland Paris pour être objectif)… Mais revenons à notre histoire.

Annoncé quai n° 6, mon Thalys est là. Je vérifie sur les panneaux de composition des trains situés sur le quai la position de la voiture où se trouve ma place. Premier problème, si les n° de train et de voitures correspondent bien à ceux marqués sur mon billet… ce n’est pas le cas pour ceux indiqués sur les voitures du train à quai. Je demande alors à un agent si c’est bien le train...

Il ne me laisse pas finir ma question et me répond que « C’est le Thalys nonante trois cinquante huit » sans plus de précisions. Va-t-il à Paris (comme indiqué sur les panneaux de composition des trains et sur mon billet) ou à Amsterdam ? (comme annoncé sur les voitures et les panneaux d’affichage du train à quai). Deuxième problème qui se présente, moi je suis dans le Thalys nonante quatre cinquante huit ! A un chiffre près, on ne va pas chipoter pour si peu !

Je présente alors mon billet à un autre agent qui contrôle l’accès à la voiture censée être la mienne… Et là, Bingo, elle me dit (car c’était une agente) que c’est bien le bon train… et la bonne voiture. Je m’installe donc à la place qui m’a été attribuée lors de ma réservation et attend le départ… jusqu’à ce qu’une annonce nous explique qu’il est reporté à 16h37… Bon, je m’arme de patience…

Mais sur le quai n°6, c’est la grosse pagaille !

De ma fenêtre, bien installé, j’observe les passagers sur le quai qui errent dans tous les sens à la recherche d’informations… Certains craquent et pleurent… Tous les agents se sont regroupés sur le quai, le talky walky scotchés à leurs oreilles, mais aucun n’est capable de donner la moindre information à des voyageurs désemparés… Un vent de panique gagne alors tout le monde… et surtout les agents qui commencent à s’engueuler entre-eux ! « La sérénité dans le désordre est un signe de perfection » dit un proverbe chinois. Dommage qu’on n’était pas en Chine.

Et soudain, alors que j’étais confortablement installé à attendre 16h37, une annonce nous signale qu’il faut changer de quai et donc de train. Ce n’est plus le n° 6 mais le n° 3… Des voyageurs déjà installés commencent alors à quitter la rame… quand une deuxième annonce nous explique quelques minutes plus tard que seuls les voyageurs avec des billets Izy doivent descendre… Les passagers avec des billets Thalys peuvent rester à bord… Et puis plus rien !

Et le capharnaüm ambiant vire alors au gros foutoir collectif quand on annonce un peu plus tard le départ imminent du train. Tout le monde, passagers avec billet Izy ou Thalys réunis dans la même incertitude, se presse alors pour remonter dedans. Résultat une fois les portes fermées, on se serait cru dans un train africain (vieux souvenir)… Il ne manquait plus que les poules, les moutons et les chèvres pour y être. Des gens assis par terre ou sur leur valise dans les travées, les couloirs, partout où il y avait de la place… Rejoindre les toilettes tenait du parcours du combattant… Et ce n’est pas la première fois que je vivais pareille situation entre Bruxelles et Paris. Mais jamais avec une pareille arrivée…

Pas de quai disponible Gare du Nord !

Le voyage se passe tant bien que mal jusqu’à l’arrivée à Paris. Enfin, presque à Paris. Alors que le train est à l’arrêt au milieu de nulle part, le chef de train annonce aux voyageurs français que les Bleus viennent de battre l’Uruguay 2-0 ; et à tous les passagers confondus… qu’il n’y a plus de quai disponible Gare du Nord pour nous accueillir (à cause d’un problème de caténaire apprend-on). Ça commence à faire beaucoup pour un voyage censé durer 1H22. Beaucoup trop pour certaines…

Une jeune fille qui avait réussi à atteindre les toilettes en ressort les mains pleines de savon liquide dégoulinant le long de ses bras… Il n’y a plus d’eau ni papier pour se les essuyer dans notre wagon (à bestiaux ?). Elle demande alors si quelqu’un(e) à des lingettes ou un mouchoir jetable… Une dame lui en donne un. C’est beau la solidarité entre naufragés ferroviaires… (surtout entre femmes)

Après une dizaine de minutes d’attente, le train s’ébranle et arrive enfin à destination avec plus de 45 minutes de retard (il y a eu pire, restons objectif)… Mais le périple n’en est pas pour autant fini… Car pour s’extirper de la Gare du Nord, il faut maintenant se frayer un passage (en force parfois – on est en France) dans la masse immense et compacte des autres passagers inquiets attendant leur train. Il m’a fallu plus de 10 minutes à fendre cette foule agglutinée et angoissée qui voulait rentrer chez elle… pour enfin pouvoir rentrer chez moi.

Les voyages forment la jeunesse paraît-il. Il fallait assurément avoir l’esprit jeune ce vendredi 6 juillet 2018 pour les passagers du Thalys 9458 de 16h13 !

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