Iran Air vient de recevoir son premier Airbus … et?

Iran Air a passé commande de nombreux appareils dont des Airbus et des Boeing. Mais, il ne s’agit pas de remplacer une flotte vieillissante mais de bâtir une nouvelle compagnie aérienne avec un nouveau réseau. Cet avion arrive alors que le nouveaux président américain a déclaré les iraniens persona non grata …

Des commandes à foison depuis 2016

Depuis l’accord intervenu sur le nucléaire ente les pays occidentaux et l’Iran, Iran Air a confirmé ses commandes auprès d’Airbus (118) et Boeing (100). Mais pas seulement, La compagnie aérienne a commandé 40 avions régionaux ATR 72. L’Iran négocie également avec le japonais Mitsubishi, avec Bombardier et les russes pour d’autres achats. Ils ont sûrement raison de diversifier compte tenu du contexte incertain.

Le nouvel Airbus A330 voudrait marquer un vrai lancement d’Iran Air

L’A330-200 marque le début du renouvellement de la flotte et de l’expansion de la compagnie nationale basée à Téhéran. Le nouvel A330 est configuré avec une disposition à deux cabines, pouvant accueillir 32 passagers en classe affaires et 206 en économie en long-courrier. D’autres avions devraient être livrés dont 46 monocouloirs et 54 gros porteurs, dont 38 A330 et 16 A350.

Les nouveaux avions ne résoudront pas le dilemme aérien de l’Iran

Les efforts du président Hassan Rouhani pour lever les sanctions avaient porté leurs fruits jusqu’à l’arrivée du président Trump. Il va falloir suivre l’actualité car nous ne sommes pas à un coup de théâtre près.

800x600_1484211568_A321_IranAirPar ailleurs, il faut admettre qu’il ne s’agit pas que d’un simple rajeunissement de la flotte mais d’éliminer les appareils délabrés qui continuaient à voler jusqu’à aujourd’hui.

Ces appareils ont causé de 2005 à 2015, 16 accidents qui ont causé officiellement 586 décès. Il n’est pas étonnant que de nombreux iraniens étaient euphoriques avec l’arrivée il y a quelques temps du premier A321.

Il n’est pas certain que l’Iran puisse ressembler à Dubaï

Certains ont fait valoir que Téhéran pourrait être le prochain Dubaï dans le transport aérien mondial, promettant que l’Iran rattraperait la Turquie et les Emirats Arabes Unis dans cette industrie. Ce rêve ne devrait malheureusement pas arriver. Le potentiel aérien iranien a été surestimé.

1En effet, Iran Air a finalement supprimé les A380 de sa nouvelle commande d’avions, indiquant une surestimation de sa position sur le marché.

Il faut également préciser que la compagnie Iran Air a eu des difficultés importantes pour payer l’avion commandé et garantir l’approvisionnement en pièces. En attendant, Iran Air a pris en location l’appareil qui vient d’être livré.

Les aéroports iraniens ont besoin d’investissements

Le réseau d’aéroports en l’Iran a besoin de près de 4 milliards de dollars pour assurer l’expansion, l’entretien et les réparations. Les revenus actuels des aéroports ne permettent pas de telles dépenses.

Selon les autorités iraniennes, seuls 2 des 55 aéroports commerciaux du pays, l’aéroport international de Mehrabad et l’aéroport international de Mashhad, génèrent des revenus supérieurs à leurs dépenses d’entretien et d’exploitation.

Pour les anciens professionnels du tourisme, Iran Air était dans les années 70 une fabuleuse compagnie qui possédait toujours le nouvel appareil du moment. Cette période est révolue. Il faut d’abord reconstruire la compagnie nationale et tenter d’attirer de nouveaux transporteurs. Le pays est fabuleux et ne demande qu’à revoir ses nombreux touristes.

 

 

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