Ils sont trois pour tenter de diriger Air France

Le conseil d’administration du groupe Air France-KLM a entériné la démission de Jean Marc Janaillac. Dans la foulée, le conseil nomme une ancienne ministre et deux directeurs aux pouvoirs limités pour diriger une compagnie qui bat dangereusement de l’aile…

Une ancienne ministre pour PDG intérimaire

Air France-KLM a annoncé, mardi 15 mai, la nomination d’Anne-Marie Couderc au poste de présidente non exécutive du groupe.

Elle a été ministre déléguée auprès du ministre du Travail et des Affaires sociales, chargée de l’Emploi, dans les gouvernements d’Alain Juppé, de 1995 à 1997. Anne-Marie Couderc a également été patronne de presse (chez Hachette Filipacchi) et de Presstalis (leader de la distribution de journaux en France).

La nouvelle n’a aucune expérience de l’aérien

Anne marie Couderc n’a aucune expérience de l’aérien. Mais elle sera assistée d’un Comité de direction collégiale composé des directeurs généraux d’Air France (Franck Terner) et de KLM (Pieter Elbers) et du directeur financier du groupe, Frédéric Gagey, qui assumera les fonctions du directeur général pendant la période de transition.

La présidente n’a aucun mandat pour négocier avec les pilotes

Le conseil d’administration a indiqué que le PDG temporaire n’aura pas le mandat pour trouver un moyen de sortir du conflit salarial dont la direction a déclaré qu’il a coûté au moins 300 M€ en raison de grèves depuis février.

Les analystes jouent la prudence sur le cours de bourse

Les analystes sont plutôt dépités. « Couplée à la déception sur les coûts unitaires du groupe et à la remontée des cours du pétrole, la grève d’Air France a entraîné depuis le début de l’année un plongeon de 46% du titre, qui accuse le deuxième plus fort repli du SBF 120 sur la période ».

Les analystes conseillent la prudence sur le titre dont la valeur est toujours sous pression tant que les grèves ne seront pas freinées et que le pilotage du groupe soit clair. Par ailleurs, l’image de la compagnie aérienne est largement ternie.

Coup de chapeau à l’ancien président d’Air France – KLM

« Le conseil d’administration a salué le bilan de Jean Marc Janaillac », affirmant qu’il avait produit de bons résultats depuis 2016, ce qui avait permis un « redressement et une croissance réussis » et exprimé « un profond regret pour les grèves ». Il aura eu le courage de mettre en péril son poste pour que l’ensemble des salariés acceptent une proposition de salaire de 7% sur 4 ans. Il part sans aucune indemnité.

KLM reste associée à Air France

Le patron de KLM a insisté sur le fait qu’un divorce de KLM avec Air France n’était pas envisageable à ce jour. Il a ajouté : « il n’est pas possible pour KLM de poursuivre son activité de manière indépendante, il n’est pas non plus possible pour Air France de faire cavalier seul »….

C’est la force de l’alliance, nous avons besoin de l’un de l’autre ». Il faut ajouter que KLM dégage une meilleure merge qu’Air France malgré une plus petite taille.

On attend, bien sûr la réaction des syndicats. Mais dans l’état actuel, ils n’auront pas d’interlocuteurs pour discuter d’une éventuelle augmentation. A force de vouloir davantage, les pilotes et le personnel, n’auront rien obtenus.

 

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