Et si demain nos relations amoureuses étaient dictées par l’intelligence artificielle?

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L’intelligence artificielle est en train de révolutionner les sites de rencontres, avec le danger de renforcer encore plus nos déterminismes. Amid Faljaoui, notre chroniqueur éco, nous en dit plus sur ce qu’il faut bien appeler le format Netflix adapté aux relations amoureuses.

Et si demain nos relations amoureuses étaient dictées par l’intelligence artificielle ? La question est loin d’être saugrenue et fait l’objet de recherches très actives en ce moment.

Au point qu’il semble que les sites de rencontres sont sur le point d’accomplir, eux aussi, leur propre révolution interne grâce à l’intelligence artificielle.

Le journal Les Echos rappelle qu’en 2017, le fondateur du site de rencontres amoureuses Tinder avait été questionné par un journaliste pour savoir à quoi ressemblerait son application d’ici 5 ans ? Sean Red, le patron de Tinder avait répondu en imitant une conversation imaginaire avec son smartphone.

A la question « comment se présente ma soirée », par exemple, l’application Tinder pourrait répondre qu’il y a pas trop loin de chez moi une personne qui m’attire et qui est attirée par moi.

L’application me dira en plus que cette personne est libre demain soir et que nous aimons tous les deux le groupe de rock qui va se produire ce soir-là. Et l’appli Tinder prendra des billets pour moi.

Bien entendu, ce genre de scénario relève encore de la science-fiction, mais selon cette enquête du journal Les Echos, cela ne restera pas très longtemps de la science-fiction. Pourquoi ?

Parce que plusieurs start-ups travaillent d’arrache-pied pour résoudre l’équation de la rencontre amoureuse. Toutes ces start-ups se basent sur toutes les traces que nous laissons sur le web, et en fonction de notre âge, notre sexe, notre géolocalisation, nos préférences sexuelles et nos historiques d’achats sur le Net ou sur la base de notre playlist sur Spotify, ces start-up espèrent pouvoir nous faire « matcher » avec l’âme sœur.

Les Echos rappellent que des gourous de la Silicon Valley comme le célèbre Peter Diamandis pensent que demain tous ces assistants personnels qui fleurissent ici ou là nous permettront de trouver le partenaire idéal.

« L’intelligence artificielle est en train de révolutionner les sites de rencontres, avec le danger de renforcer encore plus nos déterminismes »

Ce ne serait plus qu’une question de temps selon ces geeks des nouvelles technologies. Et c’est vrai que Lara, par exemple, qui est la « coach » de l’application Meetic dispense déjà une cinquantaine de conseils : un bar à cocktail dans tel quartier ou une tenue à porter lors de la première rencontre.

Des assistants proposent d’envoyer des messages et de planifier des rendez-vous à notre place, d’autres assistants nous permettent déjà de déterminer nos préférences physiques et de « matcher » à notre place.

Mieux encore, ces intelligences artificielles lancent même la conversation à notre place via des petites phrases d’accroche. Bref, c’est un énorme marché qui s’ouvre avec l’intelligence artificielle appliquée aux relations amoureuses.

En réalité, ce à quoi nous assistons, c’est à l’émergence d’un format Netflix mais adapté à la relation amoureuse. Mais selon certains sociologues interviewés par le journal économique Les Echos, ces start-up essaient de nous vendre quelque chose qu’on ne peut pas mettre en équation.

Un seul exemple : selon notre cycle de vie, nos attentes amoureuses évoluent. Et certaines informations essentielles pour l’entente au quotidien, comme les rythmes de vie, ne sont pas prises en compte.

Sans compter que l’intelligence artificielle va renforcer nos déterminismes, elle ne va pas nous proposer des profils alternatifs qui n’obtiennent pas les meilleurs résultats.

Bref, la machine ne nous proposera pas une amoureuse rousse si l’utilisateur ne s’est vu proposer que des blondes. Les start-up qui planchent sur l’intelligence artificielle au service de nos relations amoureuses sont conscientes de ces défauts et leur ligne de défense est assez simple selon Les Echos : nous ne cherchons pas à résoudre l’équation amoureuse grâce aux milliers de données que nous disposons sur les personnes en question, nous essayons juste de faire gagner du temps à nos utilisateurs.

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