D’ici huit ans, la capacité totale des navires de croisière aura augmenté de plus de 50%

Les commandes des compagnies de croisière atteignent désormais 124 navires, dont 48 livrables dans les deux années qui viennent. Les autres entreront en service entre 2021 et 2027. L’ensemble représente un investissement cumulé de près de 69 milliards de dollars et une capacité de quasiment 267.000 lits en base double (deux passagers par cabine), soit plus de la moitié de ce que propose la flotte aujourd’hui en service.

Le groupe italien Fincantieri a consolidé ces derniers mois sa position de leader mondial de la construction de navires de croisière, avec désormais un carnet de commandes de 44 unités pour plus de 27 milliards de dollars. S’y ajoutent les 11 navires d’expédition (2 milliards de dollars) de sa filiale Vard.

Numéro 2 du secteur, le groupe allemand Meyer Werft et sa filiale finlandaise Meyer Turku totalisent 22 paquebots pour quasiment 19.5 milliards de dollars.

Troisièmes de ce marché, les Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, ont pour le moment 12 navires à construire (en incluant les troisième et quatrième World Class de MSC Cruises) représentant une valeur de 12 milliards de dollars.

24 navires à livrer cette année

La montée en puissance de l’industrie de la croisière va connaître un nouveau record en 2019 puisque les compagnies mettront en service pas moins de 24 navires neufs. Cela représente une capacité supplémentaire de plus de 42.000 lits en base double (deux passagers par cabine), pour un investissement global de quasiment 10 milliards de dollars.

Les nouvelles unités sont de types très divers, allant des petits bateaux d’expédition d’une centaine de passagers, particulièrement nombreux cette année, à des géants de plus 5200 places.

Les Chantiers de l’Atlantique livreront ainsi deux gros paquebots à l’armateur italo-suisse MSC Cruises, les MSC Bellissima (167.600 GT de jauge, 4500 passagers) et MSC Grandiosa (181.500 GT, 4800 p).

Des Américains font confiance à la Chine

Derrière ces trois géants de la construction navale,  on trouve aussi des constructeurs norvégiens Kleven (qui livrera le Roald Amundsen, premier des nouveaux navires d’expédition d’Hurtigruten), croates (le chantier Brodosplit, qui doit terminer notamment le Flying Clipper (8800 GT, 300 p), grand voilier de croisière de Star Clippers), néerlandais (‘avec De Hoop, qui livrera pour sa part le Celebrity Flora (5700 GT, 100 p), le nouveau navire d’expédition de Celebrity Cruises dédié aux croisières dans les Galápagos), portugais, chiliens, .etc.

Enfin, les chantiers chinois sortiront leur premier navire de croisière, une unité d’expédition conçue par le groupe norvégien Ulstein et réalisée avec son assistance, le Greg Mortimer (8000 GT, 160 p), qui sera exploité pour le compte d’Aurora Expeditions. C’est le premier d’une série commandée par la société américaine Sunstone et produite par les chantiers China Merchant Heavy Industries d’Hainan.

Vers un quasi-monopole public ?

Ombre au tableau de ce vaste panorama : le projet d’acquisition des Chantiers de l’Atlantique par Fincantieri, qui renforcerait encore la position du constructeur italien au sein d’un ensemble à capitaux majoritairement publics, ce que Meyer Werft, qui est une entreprise allemande privée, ne voit pas d’un très bon œil. Le dossier est désormais sur le bureau de la Commission Européenne, qui devra (art. 22 §1 du règlement européen sur les concentrations d’entreprises) « examiner une concentration qui ne revêt pas une dimension européenne mais qui affecte les échanges au sein du marché unique et menace d’affecter de manière significative la concurrence sur le territoire des États membres qui formulent cette demande ».

Un réservoir d’emplois

Rien qu’en France, l’activité atteint un niveau jamais vu depuis une cinquantaine d’années, et de la Manche à la Méditerranée, en passant par la côte atlantique, partout, le long du littoral français, l’industrie navale connait une pénurie de main d’œuvre inédite depuis plusieurs décennies. La plupart des métiers sont concernés, mais certains sont plus particulièrement en tension, notamment chez les ouvriers, techniciens et techniciens supérieurs. Au point que les chantiers et leurs sous-traitants ne parviennent plus à trouver dans les bassins d’emploi de soudeurs, chaudronniers, tuyauteurs, mécaniciens, électriciens, électroniciens ou encore techniciens d’études.

La filière marine, représente aujourd’hui en France 115.000 emplois et 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 60% à l’export, Le « Campus des Industries Navales », organisation collective regroupant tous les acteurs impliqués, veut renforcer l’attractivité des métiers de la navale et mettre en adéquation les formations existantes avec les besoins des industriels.

Pour l’heure, les besoins en recrutement sont, selon les industriels, de l’ordre de 1000 à 1500 personnes par an sur les trois régions aujourd’hui impliquées dans le Campus des Industries Navales. Mais c’est une masse d’embauches bien plus importante qui est en jeu à l’échelle nationale et en intégrant les autres composantes de l’industrie maritime. L’objectif est de créer 10.000 emplois en France et de générer 33 milliards d’euros d’ici trois ans.

[Source : Mer & Marine]

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