Congrès UPAV : quelques intervenants sous les projecteurs

Les organisateurs avaient cette année prévu une séance sur divers sujets, menée par un modérateur, auxquels les participants pouvaient adresser leurs questions à l’avance. C’est une bonne formule puisqu’on sait que les débats avec Q/R n’en finissent pas, chacun voulant se mettre en évidence en posant une question qui ressemble étrangement à une autre déjà posée. Ah ! la gestion des egos !…

Le modérateur était choisi pour son franc-parler, puisqu’il s’agissait de notre excellent confrère Robrecht Willaert de Travel Magazine.

Premier thème abordé : quid de la licence d’agence en Wallonie ?

Daniel Danloy souligne en préambule que l’Europe semble s’opposer au principe de la compétence professionnelle. En revanche il reste aux agences à présenter un cautionnement bancaire, une assurance contre l’insolvabilité, et une autre en responsabilité civile.

Avec tout cela, le consommateur, seul souci des institutions européennes, semble bien protégé, et il n’est pas nécessaire de pondre un nouveau décret pour les agences de voyages.

S’il n’y a plus de licence, elle pourrait en revanche être remplacée avantageusement par un label d’association professionnelle ; ce qui reviendrait à fédérer le secteur en une ASBL, et il semble naturel sinon évident que l’UPAV ait un rôle important à jouer dans cette fédération.

Et à Bruxelles ?

La réponse de Michel Manigart, responsable des agences au CGT, est on ne peut plus brève : ce n’est pas une priorité des instances politiques bruxelloises. En résumé : statu quo. Mais il faudra quand même bien un jour se pencher sur le sujet…

Question à Bart De Waest 

Depuis la suppression de la licence en Flandre, qu’en est-il des agences de voyages ?

Il y a actuellement 1090 points de vente, soit 715 agences et 375 succursales, ce chiffre incluant les 95 tour-opérateurs flamands. Les chiffres d’affaires varient de 500.000 € à 45 millions. Ce nombre d’agence est stable : certaines ont fermé, d’autres se sont ouvertes.

Comment se porte le Fonds de Grantie ?

C’est au tour de Mark Devriend, directeur bien connu du GFG. Avec un ratio de 418%, le Fonds de Garantie se porte très bien, ce qui doit être vu comme rassurant pour le secteur. Les 870 jours sans sinistre vont permettre des ristournes de l’ordre de 36%. La question qui fâche, c’est la faillite de Gateway, qui pose le problème de la garantie non plus envers le consommateur, mais dans le B2B, problème que Marc Lambert avait bien mis en évidence il y a quelques mois. Réponse de Mark : insérer le B2B dans le système de garantie obligatoire n’est pas évident ; par contre, il faudrait l’encourager sur base volontaire, ce qui serait d’ailleurs un bon argument de vente.

Les chiffres de l’ABTO

Jean-Luc Hans et Ilse Meyers, Vice-Président et Secrétaire Générale de l’ABTO, montent au créneau.

Tour d’horizon général au sortir de l’été tout d’abord : l’Espagne a affiché complet ; la Turquie à chuté de 45% ; des destinations moins populaires auparavant ont tiré leur épingle du jeu : Portugal, Bulgarie… Le long-courrier fonctionne bien.

Et quid de la vente en direct ? Le client se détourne-t-il des agences ?

La réponse tombe sous le sens à la lumière des séminaires dont nous présenterons le contenu : nous sommes dans un marché multi-channel…

Autre question : la Tunisie… Quel est l’état des discussions avec les Affaires Étrangères ?

L’ABTO est en relation constante avec le ministère, lequel soutient qu’il a des informations dont nous ne disposons pas. Est-ce à dire que nos services de renseignements sont plus puissants que ceux de France, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne ? Ou bien que nous sommes plus frileux, adeptes de la politique du parapluie ?

Et que penser de la Directive Européenne sur les voyages à forfait ?

D’abord, on soulignera qu’il n’y a pas de définition du forfait. La Directive ne s’applique pas pour un service unique, vendu séparément, mais bien pour les « packages ». Dans ce cas, la responsabilité en cas de problème incombe à l’organisateur. Mais les Etats membres peuvent décréter, comme c’est le cas en France, que les agences sont aussi responsables, voire même responsables au premier chef.

La France ne fait jamais rien comme les autres

Justement, la situation en France est bien expliquée par deux représentantes du secteur. L’aptitude professionnelle est attribuée en France après 2 mois de stage. Le SNAV n’existe plus comme tel, mais est devenu une Entreprise de Tourisme, comme les autres. Un hôtelier, par exemple, a le droit de vendre des excursions.

Il y a actuellement 6838 immatriculations comme « entreprise de tourisme », dont 20 à 25% d’hôtels.

La garantie exigée pour une agence doit couvrir 20% du chiffre d’affaires, en conséquence on s’attend à ce que les agences petites et moyennes vont disparaître faute de pouvoir payer cette garantie. Déjà 200 ont fermé en 2016. Comment se fera le renouvellement avec la génération montante, sachant que les banques et les compagnies d’assurances refusent désormais de garantir les agences… ?

Un mot quand même de Thomas Cook

C’est au tour de Koen Van Den Bosch de prendre la parole pour Thomas Cook. Il n’annonce aucun changement dans le modèle de distribution. « Chaque agence solvable doit pouvoir vendre T.C. », mais il est évident que les bons vendeurs gagneront plus. La commission de base se trouve à 12.. pardon 11%. Lapsus révélateur ?

Koen souligne aussi très justement qu’à la suite des drames du 22 Mars, l’ensemble du secteur a réussi à tout gérer de façon très professionnelle. Ce devait être dit.

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