Brexit : il arrive parfois que des nations décident de se suicider

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La date butoir pour le Brexit a été reportée de quelques semaines. Ce très mauvais feuilleton rappelle qu’il arrive parfois dans l’histoire que des nations décident de se suicider.

Jacques Attali a raison de dire qu’il arrive parfois dans l’histoire qu’une nation décide de se suicider. C’est le cas pour la Grande-Bretagne aujourd’hui. A l’inverse des séries américaines, ce feuilleton britannique est exécrable et personne ne le suivrait s’il n’avait pas un impact direct sur nos économies.

On a donc appris hier que les pays de l’Union européenne viennent de refuser de reporter la date butoir du Brexit au-delà des élections européennes du 26 mai. Deux nouvelles dates butoirs circulent, à savoir le 22 mai ou le 12 avril. Mais quelle tristesse de voir le pays de Shakespeare s’enfoncer ainsi dans la médiocrité. La faute à qui ?

Mais aux politiques qui ont vendu des salades à leurs citoyens. C’est d’ailleurs le problème des référendums qui portent sur des sujets complexes. Le citoyen ordinaire n’est pas compétent en la matière et il est victime des bobards que lui racontent certains politiciens sans scrupules.

Aujourd’hui, ce grand peuple est dans l’impasse parce que certains de ses citoyens ont cru, par exemple, que l’Union européenne coûtait à leur pays 350 millions de livres sterling par semaine. Ils l’ont cru pour la simple raison que ce chiffre était placardé en grand sur les bus rouges du camp en faveur du Brexit.

Sauf que ce chiffre est faux et que cette soi-disant facture ne tenait pas compte des subsides reversés par l’Union européenne à l’agriculture et à d’autres secteurs britanniques. Comme le savent bien les escrocs, plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer.

De même, les partisans du Brexit ont répété jusqu’à plus soif qu’en quittant l’Union européenne, la Grande-Bretagne allait reprendre le… contrôle. Mais le contrôle de quoi au juste ? Si les Britanniques quittent l’Union européenne, ils devront bien se plier aux règles de ce marché qui jusqu’à preuve du contraire est leur plus grand marché d’exportation.

Et les Britanniques, lorsqu’ils voudront nouer de nouveaux accords avec d’autres parties du monde, devront aussi se plier aux règles et ils ne pourront pas imposer comme ils l’ont cru naïvement. Comme l’écrit l’économiste belge Koen De Leus, de BNP Paribas Fortis, les partisans du Brexit devraient expliquer à leurs compatriotes que « reprendre le contrôle » signifie avoir le choix, dans les présentoirs de viande de leurs supermarchés, entre steaks traités aux hormones et poulets lavés au chlore.

Au fil des rebondissements de ce triste feuilleton qu’est le Brexit, les citoyens britanniques découvrent qu’on leur a menti, et qu’ils ont adoré croire en toutes ces sornettes.

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