Beyrouth, mon amour

Une douce odeur de pipi et de poubelles qui flotte dans l’air, des bâtiments en construction où personne ne travaille, du vin blanc hors de prix, des voitures qui roulent trop vite, des grattes-ciels d’où sortent  des bimbos refaites de partout à côté de petits bonshommes qui vendent des roses en plastique au feu rouge…

Peu séduisant portrait de cette ville que j’affectionne tant, me direz-vous.

Mais Beyrouth c’est aussi des milliers de petits détails qui font son charme. Les grands yeux éveillés des passants, les familles qui vont se poser le dimanche soir sur les rochers pour admirer le coucher du soleil, les façades anciennes fissurées qui cachent des petits bars cosy où ça sent le narguilé, les rooftops, le Fattouch, le street art, et cette délicieuse ambiance de légèreté qui flotte dans l’air, à 1000 lieues des préoccupations politiques et économiques du pays.

Quand j’ai posé mon premier pied à Beyrouth vendredi, je me suis demandée ce qui m’avait tant séduite la dernière fois. C’est en marchant dans les rues, en entrant dans les bars et en lisant mon livre au soleil que ça a fait tilt.

11209757_10206429177795718_6102010881328652692_nBeyrouth est une ville pleine de contradictions. A commencer par le regard que les gens portent sur elle.

Détestée pour son bruit et sa pollution par certains, adulée par d’autres (elle a été nommé 12ème plus belle ville du monde par le magazine américain « Travel and leisure »), Beyrouth ne laisse personne indifférent.

Les hôtels de luxe y côtoient des vieux bâtiments qui portent encore les stigmates de la guerre civile, les poules de luxe en mini short y côtoient les femmes portant le voile intégral, et les boules de mozzarella importées d’Europe à 3 euros côtoient le sumac, l’épice traditionnelle de la salade libanaise.

Entre Orient et Occident

Ici il y a 3 langues, 2 monnaies,  et 18 confessions reconnues par l’état. Le Nord et l’Est de Beyrouth sont principalement composés de chrétiens avec une minorité de musulmans tandis que Beyrouth Ouest a une majorité de musulmans sunnites avec une petite minorité de chrétiens et de druzes. Les quartiers du Sud sont surtout composés de musulmans chiites.

Pas besoin d’aller bien loin pour se rendre compte que la ville est en pleine effervescence. Les « fancy places » poussent comme des champignons, les bars sont pleins à craquer, les ports sont remplis de splendides yachts mais les Porsche ne peuvent pas passer la 3ème à cause du trafic permanent dans toute la ville.

Oui, Beyrouth pousse,  les ruines et espaces vides font place à de somptueux projets design. Zaituna Bay est un exemple concret de la volonté de la ville de s’imposer comme une capitale innovante. C’est simple, on se croirait à St Trop’!

beyrouth2

Moi je l’appelle selfieland parce qu’il est juste impossible de tendre sa jambe sans donner un coup de pied à quelqu’un occupé à se prendre en photo.

On en oublierait presque qu’à 350 km de là se trouve Alep, qui croule sous les bombes du régime et de l’armée russe.

La question des réfugiés

Comme a pu le constater le Président de « Debout la France » Nicolas Dupont-Aignan (candidat à l’élection présidentielle de 2017) suite à son tweet sur la crise des migrants, le Liban accueille quelques réfugiés quand même. 1,500 millions de réfugiés pour une population de 4, 400 millions d’habitants. Autrement dit, un habitant sur 4 au Liban est un réfugié.

Si on compare avec la Belgique qui a 11 millions d’habitants, notre beau pays a accueilli environ 56 000 réfugiés en 2015 et prévoit d’en accueillir 70 000 de plus jusque fin 2017.

beyrouth3(Pour en savoir plus sur l’état actuel des choses pour les réfugiés au Liban :  c’est par-ici.)

« Ils vivent dans des conditions lamentables, dans des appartements surpeuplés, partagés entre plusieurs familles afin de pouvoir payer le loyer, ou même dans des parkings, sans eau, sans toilettes ou électricité »

Expatriés et visiteurs

Malgré les événements de novembre 2015 et la guerre qui fait rage à quelques centaines de kilomètres, le tourisme semble survivre tant bien que mal… à première vue en tout cas.

Les bars et restaurants ne désemplissent pas, les lignes aériennes rejoignant Beyrouth sont nombreuses et les auberges de jeunesse sont remplies de jeunes du monde entier venus découvrir Beyrouth et ses alentours.

Des villes comme Byblos, Tyr, la vallée de Qadisha (été comme hiver), sont des endroits très prisés par les touristes, malgré les quelques précautions à prendre pour s’y rendre.

tyre_triumphal_archTyr par exemple, fief du Hezbollah et bien connu pour sa majorité chiite, est un endroit où les visiteurs ne pourront pas se balader en short ou jupe à cause du côté plus conservateur de sa population.

A Byblos, à 30 minutes de Beyrouth, les saisonniers se plaignent d’avoir eu un été calme, avec moins de touristes que les autres années.

La cité phénicienne de Baalbek, près de la frontière syrienne, est désertée par les curieux depuis plusieurs années déjà. Les risques de kidnapping et le bruit des bombes venant du pays voisin y sont forcément pour quelque chose. Tandis que Tripoli, accessible encore il y a 2 ans, est aujourd’hui vivement déconseillée pour les voyageurs. Il semblerait qu’il ne soit pas rare d’y croiser des drapeaux noirs de l’organisation « Etat Islamique ».

Pour le reste, il est relativement sûr de se déplacer dans le Liban, et ce même pour une jeune fille seule. L’important est de toujours garder un œil sur l’actualité, d’être à l’écoute des conseils et ne jamais avoir peur de demander de l’aide à un local. A mon sens, il n’y a pas plus bienveillant et serviable qu’un Libanais.

Mais bien sûr… Prudence est mère de sûreté…

A la prochaine!

Pauline

Ps: Pour suivre mes aventures, c’est par-ici: https://lorientexpressblog.wordpress.com

 

 

 

 

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