« Arrêtez de critiquer vos amis qui prennent l’avion, fâchez-vous plutôt contre votre frigo ! »

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Et si pour lutter contre le réchauffement climatique, il fallait plutôt se fâcher contre son frigo plutôt que se fâcher contre ceux et celles qui prennent l’avion? C’est la question posée aujourd’hui, avec nuance et humour, par notre chroniqueur éco.

Ce jeudi, les jeunes vont à nouveau défiler dans les rues de la capitale pour le climat. C’est devenu une belle habitude pour une belle cause. Mais il y a aussi les grincheux, ceux qui pensent ou estiment que ces jeunes qui défilent sont contradictoires car ils sont aussi les premiers à utiliser des vols aériens low-cost qui, par définition, sont polluants.

D’autres reprochent aussi à leurs collègues de bureau ou à leurs amis de leur faire la morale sur leur comportement par rapport au climat mais tout en oubliant qu’ils ont eux-mêmes pris l’avion pour un city trip à Barcelone ou New-York.

Raison pour laquelle, je me suis régalé à lire la dernière chronique de l’économiste belge Geert Noels dans l’Echo. Avec son talent impertinent, il rappelle que si l’avion n’est en effet pas très écologique, c’est un secteur qui fait chaque année des progrès substantiels en matière de pollution.

D’abord, il déculpabilise les personnes concernées en rappelant que 80% des voyages en avion portent sur des distances supérieures à 1500 km pour lesquelles il n’existe pas toujours des solutions alternatives par voie terrestre, en tout cas pas pour une période de temps limité.

Ensuite, il rappelle que des compagnies du genre Ryanair ou Easyjet sont plus rentables que les compagnies traditionnelles. La raison ? Ces compagnies low-cost utilisent des avions plus récents, moins gourmands en carburant, et en plus, ces avions sont remplis au maximum et volent donc de manière plus efficace qu’un vol classique.

« L’accusé principal dans le débat sur le climat n’est quasi pas cité par les citoyens : c’est l’air conditionné et les réfrigérateurs »

Par ailleurs, l’économiste Geert Noels rappelle qu’entre le moment où il est né – en 1967 – et aujourd’hui, les avions sont 80% plus efficaces que durant les années 60, grâce, dit-il, à l’amélioration des moteurs, au design des ailes, à l’usage des matériaux composites, etc.

L’avenir sera encore plus positif car des universités américaines comme le prestigieux MIT et la NASA travaillent ensemble sur l’avion du futur. Cet avion du futur verra sa pollution sonore diminuer de 50% et ses rejets dans l’atmosphère de 70% par rapport aux appareils actuels.

Et puis, comme il le dit, il faut se méfier des caricatures : le quotidien néerlandais NRC a publié une étude dans lequel il démontrait que le TGV ne consomme pas moins qu’un Boeing ! En réalité, l’avion – à défaut d’être neutre sur le plan de la pollution – est selon cet économiste un coupable facile et idéal.

Alors qu’en réalité, l’accusé principal, numéro un dans le débat sur le climat n’est quasi pas cité par les citoyens : c’est l’air conditionné et les réfrigérateurs. Leur impact environnemental est 16 fois plus important que celui des avions. Et donc, c’est la recommandation de l’économiste Geert Noels : arrêtez de critiquer vos amis qui prennent l’avion et fâchez-vous plutôt contre votre frigo !

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