L’aéroport de Charleroi enfin sûr ?

Ce mercredi 13 Juillet, je me suis rendu à l’aéroport de Charleroi pour attendre un parent. Il y avait une légère pluie, mais la température était agréable : ceci pour dire que j’étais vêtu d’un tee-shirt, et que je n’étais porteur d’aucun sac.

Une agent de sécurité privée pour faire la police

Je me dirige vers la porte des arrivées, et là je suis arrêté par une fort jolie personne qui me prie de me rendre à la porte des départs. Je lui explique que je ne pars pas, mais que je viens accueillir quelqu’un.

Elle me répond que je dois tout de même passer par les « Départs », à 150 m de là. Je lui fais alors remarquer qu’une fois à l’intérieur, je referai le trajet dans l’autre sens pour me retrouver exactement deux mètres derrière elle, à l’endroit où je voulais aller. Vous avez déjà compris que rien n’y fit : l’agent du groupe privé G4 Securitas avait des instructions, elle s’y tenait.

Notez que si j’avais eu de mauvaises intentions, je ne vois pas comment, avec ses 52 kilos, elle aurait pu m’arrêter…

La tente du regroupement

Je n’ai évidemment pu m’empêcher, une fois à l’intérieur, d’aller la narguer pour lui dire que j’étais quand même là où je voulais aller, et qu’elle m’avait juste fait perdre 5 minutes. Blague de potache, sans plus.

Mais en passant, j’ai vu cette énorme tente blanche, dont j’apprends qu’elle va servir à identifier les passagers en partance. Et tout le monde semble s’en réjouir, se féliciter de la rapidité des mesures prises… En effet depuis le mois de mars, il ne s’est passé que 4 mois, pour placer une tente qui se monte en 2 jours.

Où est le charme d’un aéroport à taille humaine ?

Tout ce qui faisait le charme de l’aéroport de BSCA a disparu : la zone « Kiss & Ride » que le monde entier nous a copiée : envolée ! Son parking si facile d’accès, avec une caisse au prix fixe d’1 euro : fini ! On va donc, par mesure de sécurité, regrouper les gens en partance dans une tente pour voir s’ils n’ont pas une bombe sur eux.

Cynisme…

Remarquez que, par l’entrée des « Départs », j’ai été contrôlé visuellement par 3 policiers armés jusqu’aux dents : contrôle facile vu mon accoutrement hyper-léger. Tout cela se fera dorénavant à l’intérieur de cette tente, qui, si elle explose, fera bien moins de dégâts à l’aérogare. Je sais, c’est une réflexion cynique.

Mais n’est-ce pas plus cynique encore de se dire que si cette mesure était indispensable pour la sécurité des gens, on s’en est bien moqué pendant 4 mois ! Le jour même où le Président français explique qu’on ne peut maintenir l’état d’urgence éternellement, l’aéroport wallon s’offre un équipement à mon avis totalement inutile, et recule considérablement sur l’échelle de la facilité d’accès, de la convivialité. C’est dommage.

Qui décide ces mesures ?

On se demande bien qui prend ce genre de décision. Si j’en crois les déclarations du Directeur de l’aéroport Jean-Jacques Cloquet, ou celles de son porte-parole Vincent Grassa, c’est bien leur décision. Mais Mr Cloquet est bien trop conscient que les facilités d’antan faisaient toute la différence.

Il est aussi conscient, hélas, qu’en cas de problème, on pourrait lui faire porter le chapeau. Mais derrière lui, il doit y avoir la pression de gestionnaires du risque, pour qui 3 parapluies l’un au-dessus de l’autre valent mieux qu’un seul. On va vers un monde invivable…

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