Vueling ou les limites du low cost

Victime de son succès, la compagnie catalane manque de personnel et n’a pas assez d’avions. Et se trouve tout à fait incapable de faire face à l’afflux de passagers en période estivale, combiné avec les grèves du contrôle aérien en France…

Selon l’édition d’hier matin d’El Mundo, plus de 76.000 passagers avaient été touchés par l’annulation de près d’une cinquantaine de vols en quatre jours. Le modèle « low cost » paraît ici avoir atteint ses limites, selon le quotidien espagnol. C’est en tous cas la crise la plus grave que connaît la compagnie depuis sa création.

Encore 66 vols annulés hier matin

Elle a débuté jeudi dernier, quand les premiers retards et annulations ont été annoncés, pour culminer durant le week-end, la situation devant peu à peu se normaliser au cours de la journée de lundi. Mais Vueling annonçait ensuite l’annulation de… 66 vols pour la seule matinée de mardi, dont les vols à destination de Paris Orly ou CDG, et de Nice — mais pas de Bruxelles.

Crise de croissance

La cause première de ce gigantesque chaos ? La surexploitation, tant des machines que des hommes et des femmes. De nombreuses voix s’élèvent pour dire que les limites techniques et humaines ont été atteintes pour couvrir les besoins générés par croissance de l’entreprise ces dernières années. Pour le président du Comité d’entreprise, « les avions volent 24 heures sur 24, la moindre pièce qui défaille et c’est tout l’édifice qui s’effondre ».

Selon l’explication fournie par David García Blancas, directeur commercial de Vueling, la « pièce » en question, ce seraient les grèves en France, dont la compagnie n’aurait pas su gérer les conséquences. Vueling annonçait lundi la location de six avions supplémentaires et l’engagement de 34 pilotes et 130 employés pour renforcer ses effectifs.

Un logiciel pointé du doigt

Le système A-CDM, installé voici un an à l’aéroport d’El Prat, où se trouve le siège de la compagnie, est également pointé comme étant responsable, entre autres, de la situation actuelle. L’objectif de ce système est de réduire au maximum les temps d’attente en bout de piste en même temps que l’impact sur l’environnement.

S’il n’optimise pas les horaires des départs, il en affecterait la ponctualité, particulièrement aux heures de pointe. Mais une vingtaine d’aéroports en Europe en sont équipés, et à El Prat, toutes les compagnies aériennes sont également touchées par les retards impliqués dans sa mise en œuvre… sauf que Vueling représente 40 % des mouvements de l’aéroport.

Quoi qu’il en soit, cette crise coûtera cher à Vueling, qui va devoir s’acquitter d’indemnités pour les milliers de passagers qui n’ont pu embarquer sur ses vols aux premiers jours des vacances…

[Source : El Mundo]

 

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