En toute logique, les compagnies aériennes devraient piaffer d’impatience en attendant l’arrivée des premiers avions sans pilote. Car, comme le montre une étude de la banque suisse UBS, cela leur permettrait d’économiser quelque 35 milliards de dollars par an !

Les technologies devraient être au point dès 2025 et les premiers avions commerciaux sans pilote pourraient prendre l’air dès 2030. Sans pilote : vous savez, ces types imbus d’eux-mêmes qui se pavanent en uniforme quand ils ne sont pas en grève, et qui coûtent surtout très, très cher : en salaires, bien sûr — d’autant qu’ils ne sont jamais contents — mais aussi en frais d’hôtel aux escales, etc.

Les pilotes, facteurs d’accidents ?

Argument massue : les trois quarts des accidents aériens seraient dus à des erreurs humaines. Donc, en supprimant les pilotes, on éviterait du même coup les trois quarts des accidents. CQFD. C’est oublier un peu vite le nombre d’accidents que les pilotes ont permis d’éviter

Airplane-autopilotEn fait, les avions ne sont déjà plus pilotés manuellement que durant des phases de vol réduites, le décollage et l’atterrissage étant assistés par les ordinateurs de bord, de même que l’essentiel du vol.

Les pilotes n’interviennent plus guère que pour se dérouter en cas de mauvais temps, d’éruption volcanique ou de faits de guerre, autant d’éléments plutôt difficiles à prévoir.

Des pilotes qui, aujourd’hui, sont rompus à l’usage de l’ordinateur et du « joystick » mais ne savent plus piloter « avec les fesses ». Et si, par hypothèse, tous les instruments de navigation devaient tomber en passe, bien peu seraient capables de rentrer au bercail le nuit, en se fiant aux étoiles…

17 % de candidats

En attendant l’avion sans pilote, de nombreuses questions se posent. Il faudra bien sûr changer la réglementation, et on sait à quel point les administrations sont peu pressées… On peut aussi se poser la question de savoir si les passagers, eux, monteront volontiers dans un avion sans pilote.

Un sondage, effectué auprès de 8.000 personnes tout de même, aux Etats-Unis et en Australie, mais aussi en France, en Allemagne et au Royaume Uni, montre que seuls 17 % des passagers potentiels seraient prêts à tenter l’expérience.

Après tout, il y a bien des métros sans conducteur, et de plus en plus de voitures sans chauffeur. Et quand les portes restent fermées et que vous ne voyez personne en sortir pendant le vol, qui vous dit qu’il y a bien quelqu’un dans le cockpit ?

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