Alors que nos jeunes défilent pour le climat, la consommation de pétrole va encore augmenter

© BELGA

Nos jeunes défilent pour le climat mais les dernières prévisions du géant pétrolier BP montrent que la consommation de pétrole ne va pas diminuer mais au contraire augmenter au cours des prochaines années. C’est ce triste constat que nous rappelle notre chroniqueur éco.

Les jeunes ont pris l’habitude de défiler dans nos rues pour le climat, et c’est une bonne chose. Malheureusement, il y a les slogans puis la réalité. Et la réalité est aujourd’hui têtue.

Le dernier rapport du géant pétrolier BP l’a encore démontré : BP reconnaît qu’au cours des 20 prochaines années, la consommation de pétrole et de gaz ne fera qu’augmenter.

Il y a 16 ans, la direction de BP avait placardé dans toute la presse son nouveau slogan : Beyond Petroleum. Autrement dit, au-delà du pétrole. A l’époque, ce genre de slogan voulait montrer que ce géant pétrolier avait pris conscience des limites des énergies fossiles et que BP se préparait aussi à se diversifier vers d’autres sources d’énergie moins polluantes. Et donc, aujourd’hui, 16 ans après, force est de constater que la consommation de pétrole et de gaz ne va pas diminuer.

« Le dernier rapport du géant pétrolier BP démontre qu’au cours des 20 prochaines années, la consommation de pétrole et de gaz ne fera qu’augmenter. »

Pourtant les experts nous disent depuis quelques décennies que le pic de pétrole nous attend là au tournant. Le pic de pétrole, c’est ce moment béni où la consommation de pétrole commencera à diminuer. Hélas, ce pic est à chaque fois reporté dix ou vingt plus tard.

C’est à nouveau ce que viennent de faire les experts de BP : pour eux, ce déclin du pétrole n’aura pas lieu avant 2035. La faute à qui ? Selon mes confrères du Monde, en bonne partie aux pays émergents, et surtout deux d’entre eux, la Chine et l’Inde, qui vont absorber – à eux deux – la moitié de la future consommation fossile.

Évidemment l’idéal serait de les convaincre de modifier leur comportement, mais comment ? Tout cela a un coût et qui va vouloir le supporter ? Comme le faisait remarquer le journal Le Monde, les déboires récents d’Emmanuel Macron avec les gilets jaunes démontrent que le prix des carburants est devenu un sujet politiquement radioactif.

Même si les jeunes continuent à défiler dans nos rues, il est probable que nos dirigeants continuent à faire ce que déplorait déjà Jacques Chirac en 2002 devant l’assemblée des Nations Unies. A savoir que « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

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