ABTO : une saison en enfer,
mais parfaitement assumée

Le terrorisme, c’est le moins qu’on puisse dire, a sérieusement impacté la saison d’été des tour-opérateurs. Mais au final, ils s’en sortent plutôt bien. Leur professionnalisme a, une fois de plus, fait la différence, et la clientèle l’a bien compris.

Redistribution des cartes

Au niveau des destinations, on a assisté à une redistribution complète des cartes, et les membres de l’ABTO ont dû faire face à une concurrence énorme. L’avis de voyage négatif, et qui le reste, des Affaire Etrangères en ce qui concerne la Tunisie et la chute — de 45 % — des réservations en Turquie, qui perd sa troisième place au profit de la Grèce, ont incité les voyageurs à reporter leur choix sur d’autres destinations : le Portugal (+8,3 %), puis Croatie îlesl’Espagne (+7,8 %), l’Italie, la Grèce surtout, la Macédoine et la Croatie (photo) pour la Méditerranée et l’Adriatique, ainsi que la Bulgarie (+41,1 %, mais la destination partait de chiffres plus modestes), et bien entendu la France ont ainsi « profité » de la situation géopolitique.

Preuve, s’il en est, de l’importance qu’accordent les Belges, à tort ou à raison, aux « avis » des Affaires Étrangères, l’assouplissement de celui concernant l’Égypte a eu pour effet une augmentation de moitié des réservations sur Sharm el Sheikh…

Le succès des longs courriers

Par ailleurs, les tour-opérateurs ont enregistré une forte augmentation des voyages longs courriers, tant pour les circuits que sur les séjours balnéaires lointains : +6,2 %, avec l’Asie, Thaïlande en tête, mais aussi l’Amérique Centrale (+38,2 %) et du Sud (+41,1 %). Enfin, les vacances en voiture proposées par les membres de l’ABTO ont bondi de 5 %. Au total, ceux-ci ont géré un total de 3,6 millions de passagers, générant un chiffre d’affaires de 1,7 milliard d’euros cet été.

A noter aussi qu’après un flot important de réservations rapides, la Coupe d’Europe de football a freiné les réservations… jusqu’à la sortie des Diables Rouges, les Belges se ruant alors sur les offres de dernières minutes. D’une manière générale, l’ABTO constate d’ailleurs une polarisation entre les réservations rapides et celles de dernière minute, et voient là un véritable challenge.

Un capital confiance conforté

L’événement majeur de l’avant-saison avait bien sûr été le double attentat de Bruxelles et ses conséquences sur son aéroport. Au nom des membres de l’ABTO, Jean-Luc Hans (BT Tours) a réitéré ses remerciements à tout son personnel, et souligné le dévouement des agences de voyage qui, dans ces moments difficiles pour tous, ont presté de nombreuses heures supplémentaires.

En mettant le voyageur au centre de leurs préoccupations, avec des numéros d’urgence disponibles 24 heures sur 24 et une assistance professionnelle à destination, les membres de l’ABTO ont pu garantir leurs vacances à leurs clients et conforter auprès d’eux leur capital confiance : le voyageur, constatent-ils, est de plus en plus conscient des risques qu’il court avec un organisateur qu’il ne connaît pas.

Le « dynamic packaging » s’affirme

Aussi, les vacances d’hiver s’annoncent bien et les premières indications pour l’été 2017 s’avèrent positives. Avec une tendance qui s’affirme enfin — car on en parle depuis des années —, celle du « dynamic packaging ». Si la part du voyage « packagé » diminue, c’est certes dû à l’effondrement des destinations traditionnellement « tout compris », comme la Tunisie ou la Turquie.

Mais si de plus en plus de Belges aiment composer leur voyage eux-mêmes, ils n’en recherchent pas moins les garanties offertes par le marché du voyage « organisé ».  Et les grands tour-opérateurs s’adaptent à cette évolution. Chez TUI, le dynamic packaging compterait déjà pour un quart des ventes, estime-t-on. Du côté de Thomas Cook, selon la presse allemande, les différents marchés pourront personnaliser les imagesdifférents produits afin de mieux correspondre à la demande locale, dans le cadre d’un projet qui devrait être totalement réalisé d’ici deux ans.

La nouvelle démographie

Ce n’est pas le seul changement auquel les tour-opérateurs sont confrontés. Quelques chiffres : 1,1 million de Belges sont divorcés, un « ménage » sur trois n’est composé que d’une seule personne et un couple sur deux n’a pas d’enfant. On compte aussi 17.000 Belges mariés à une personne du même sexe.

L’ABTO constate ainsi l’importance croissante des célibataires et des familles monoparentales, et la demande croissante pour des hôtels « adults only ». Pour Geert Raes (Wings & Wheels), le secteur doit tenir compte de cette évolution démographique.

Ce sera même, n’en doutons pas, un des plus grands défis pour les années à venir.


MSC va doubler son offre

p1010612-convertimageIl ressort aussi de ce premier bilan du tour operating en Belgique que la croisière se porte de mieux en mieux. L’ABTO tenait d’ailleurs sa traditionnelle conférence de presse d’après-saison à bord du MSC Splendida, qui faisait jeudi dernier escale à Zeebrugge, à l’invitation de Patrick Pourbaix qui, après des années passées chez Costa, est devenu son directeur général pour la France et le BeLux.

 

p1010613Ce beau navire de 330 mètres de long porte bien son nom, avec ses parties avant et arrière très nettement séparées par un élégant lobby, sa décoration sans ostentation, ses 12 restaurants qui préparent chaque jour 140 recettes différentes et un total quotidien de 20 heures d’animation, notamment dans sa très belle salle de spectacle, et bien sûr son casino (ci-contre).

Une entreprise familiale

Comme l’a rappelé Patrick Pourbaix, MSC, deuxième compagnie maritime au monde pour le transport de containers, n’est présente sur le marché de la croisière que depuis 15 ans.

Restée entreprise familiale, elle opère aujourd’hui une douzaine de paquebots, tous construits aux chantiers navals de Saint-Nazaire, mais en a onze autres en construction, en commande ou en projet, qui lui permettront de passer de 1,7 millions à 3,4 millions de passagers annuels d’ici 2020. Le prochain navire, la Maraviglia, sera lancée le 3 juin prochain au Havre avec, comme tous les nouveaux navires de MSC, une zone « Yacht Club » très recherchée, désormais une des spécificités de la marque.

Longtemps considérée comme un simple « copié/collé » de Costa, MSC a aujourd’hui sa personnalité propre et entend imposer son « Premium European Style » à un marché en pleine évolution où il est sans cesse à la recherche de nouvelles destinations et de nouvelles attractions à bord. C’est l’objet, par exemple, de son partenariat avec le Cirque du Soleil, pour lequel un espace dédié est spécialement construit à bord.

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